Une balade de six jours à cheval dans le nord de la Corse


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Semaine du 5 au 12 mai 2002

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Pic épeiche (Picoides (Dendrocopos) major)
- Picidae -

Le tambourinage du pic faisait partie de l'agréable fond sonore de l'Albadu. C'est quand même plus agréable que les basses de la hi-fi d'un voisin souffrant de surdité.

Pic épeiche adulte
Pic épeiche (Dendrocopos major) - mâle adulte



cris d'appel (2 secondes / 46ko)

tambourinage d'un mâle (7 secondes / 110ko)



Pic épeiche adulte
Pic épeiche (Dendrocopos major) - mâle adulte



Pic épeiche adulte
Pic épeiche (Dendrocopos major) - femelle adulte



Le pic épeiche mesure environ 23 cm. Il a le front clair et la calotte noire. La nuque est noire chez la femelle et rouge chez le mâle. Une grande tache blanche sur chaque aile. En quête de nourriture, le pic épeiche grimpe au tronc par spirales, et s'arrête le plus haut possible. S'il craint d'être dérangé, il passe de l'autre côté du tronc et surveille de temps en temps l'importun. En été, il vit en solitaire, tandis qu'en hiver il se joint à l'occasion aux bandes errantes de mésanges.

Il affectionne les futaies avec arbres à feuilles caduques et conifères ainsi que bois tendre, parcs et vergers.

Au début du printemps jusqu'en mai, les pics épeiches tambourinent à une fréquence élevée sur une branche de premier choix (0,4 à 0,75 secondes). Le tambourinage se décompose en 12 à 18 coups, à un tempo croissant et répété par intervalles de 2 à 3 minutes. Il sert de repérage du territoire et à séduire la femelle. En avil, le tambourinage atteint son apogée. Certains pics des faubourgs tambourinent avec zèle sur les gouttières et autres objets métalliques résonnants. Pour tambouriner, le pic cogne à la verticale sur le support, tandis que, lorsqu'il est en quête de nourriture, il donne des coups de biais, pour dégager les insectes et leurs larves.

Généralement, chaque année, les pics travaillent des semaines au creusement d'une nouvelle cavité de nidification en vue de l'incubation, dans un tronc en décomposition, qu'ils savent reconnaître mieux qu'un ingénieur des eaux et forêts. La hauteur de la cavité au-dessus du sol est très variable (d'ordinaire entre 2 et 5 m). L'entrée est circulaire et d'un diamètre compris entre 45 et 55 mm.

Généralement, la femelle pond 6 oeufs blancs. L'incubation commence fin avril, elle dure 12-13 jours et les deux partenaires se relaient toutes les deux heures pour couver. Si l'on fait fuir l'animal de son repaire, il s'envole en silence et, une fois parvenu à quelques dizaines de mètres de là, il crie sans désemparer.

Ayant grandi à l'abri de la cavité, les petits font un tel vacarme que, du matin au soir, on les entend jusqu'à 100 m de distance.

Les parents vont chasser tout au plus à quelques centaines de mètres du repaire et rapportent la nourriture dans leur bec. Celle-ci se compose principalement de larves de fourmis. Si l'on cogne sur l'arbre du repaire peu avant que les petits ne soient prêts à voler, généralement à la mi-juin, ceux-ci sortent à tout vitesse en cordon par l'orifice d'entrée, atterrissent au pied d'un arbre voisin et grimpent à la hâte jusqu'à la cime de l'arbre. Les pics continuent par la suite à nicher dans une cavité, tant que les étourneaux, les mésanges, les torcols ou les loirs ne viennent pas y nidifier.

Le pic épeiche est un grimpeur et un "menuisier" typique. Il cherche les bostryches sous l'écorce et ce faisant, il décortique des troncs entiers. Il extirpe de leurs galeries les larves d'insectes avec sa langue vermiculaire, fourchue à l'extrémité et pourvue de "crochets", et il vole les oisillons dans les nichoirs en bois, qu'il détruit à cette fin.

En hiver, il se nourrit surtout de graines de sapin et de pin. Il décroche les pommes des branches et les porte jusqu'à une fente dans un tronc. Il creuse spécialement la fente à cet effet ou se contente d'en élargir une. Ensuite, il y coince la pomme de pin, abat les écailles et extirpe les graines.

Etant un oiseau fortement sédentaire, le pic épeiche tend à former des races locales. Sur le terrain, les races sont reconnaissables par les couleurs différentes de leurs plumages.


Bibliographie


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